PARU EN NOVEMBRE 2008 AUX EDITIONS ALTA PLANA :

Résumé de la 4ème de couverture :
Une incroyable plongée au cœur de l’ancien empire soviétique : dix mois, 36 000 km en train et en car, de la Géorgie à la Moldavie en passant par l’Arménie, l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan, le Kazakhstan, la Russie, l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Biélorussie, et l’Ukraine.
Evangeline a parcouru le grand Est avec l’enthousiasme de ses 25 ans, en portant un regard bienveillant et lucide sur ses contemporains, dont l’histoire a bouleversé les repères.
Avec Patricio, elle a rencontré de nombreux témoins de cette jeunesse disparate, petits-enfants de Lénine et acteurs d’un capitalisme balbutiant.
Quinze ans après l’éclatement de l’URSS, voici le portrait vivant d’une génération partagée entre espoir, fatalisme et nationalisme.
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Retour sur le projet réalisé en 2005-2006
10 mois à travers le territoire post-soviétique à la rencontre des jeunes
Le 26 décembre 1991, l’Union des républiques socialistes soviétiques était officiellement dissoute. Plus vaste État du monde, elle occupait un sixième des terres émergées et s’étendait sur onze fuseaux horaires, de la mer Baltique à la mer Noire et à l’océan Pacifique. La guerre froide prenait fin et une nouvelle ère géopolitique voyait le jour.
Quinze ans plus tard, Patricio Diez et Evangeline Masson ont entrepris de parcourir les quinze pays nés de l’éclatement de l’URSS : les trois républiques du Caucase ; les cinq d’Asie centrale ; les trois des rives de la Baltique ; la Biélorussie, l’Ukraine, la Moldavie et, naturellement, la Russie, plus importante des ex-républiques soviétiques, tant du point de vue de sa surface, de sa population que de sa puissance politique. Dans chaque pays, ce jeune couple a partagé la vie quotidienne des jeunes générations. Artistes, businessmen, femmes au foyer, étudiants, agriculteurs ou encore dissidents... c’est autant d’adultes de 20 à 35 ans qu’ils ont suivis et interviewés afin de dresser un portrait de la jeune génération des pays post-soviétiques.
Partis en décembre 2005 de France, Patricio et Evangeline ont passé le nouvel an à Tbilissi entre une vieille église orthodoxe et le parlement géorgien encore estampillé de la faucille et du marteau. À Erevan, l’hiver paraissait moins froid, la vodka réchauffait les cœurs et les jeunes nostalgiques chantaient l’histoire de la Grande Arménie morte. Après avoir découvert l’Azerbaïdjan, porte de l’Asie centrale, et les derricks de pétrole sur la péninsule de Qobustan, le couple s’est embarqué sur un bateau pour traverser la mer Caspienne en direction du Turkménistan. Partagé entre le dégoût du président, le Turkmenbachi, et le sourire en or des femmes, il n’a eu que cinq jours pour découvrir ce pays avant de se laisser bercer par les mille et une nuits d’Ouzbékistan. Là-bas, comme au Tadjikistan et au Kirghizstan, les voyageurs ont pris le temps de déguster en famille des chachlik sur les larges takhta des tchaïkhana. Après la mer d’Aral asséchée et les steppes du Kazakhstan, il leur a fallu remonter vers la Sibérie. D’Irkoutsk, près du lac Baïkal, point le plus oriental de leur route, ils ont rejoint la Russie occidentale en Transsibérien. Ils ont partagé le quotidien des Moscovites entre appartements communautaires et scènes underground. Les trois nations baltes, si différentes des autres pays du bloc post-soviétique, les ont surpris. La présentation de leurs simples cartes d’identité pour y entrer et les routes d’asphalte aux drapeaux européens tranchaient avec les précédents pays traversés. Leur boucle s’est terminée par la Biélorussie, dernière dictature européenne, l’Ukraine en pleine effervescence nationale deux ans après sa révolution et la petite Moldavie, certes réputée pour ses vins mais oubliée de tous.
Dans chaque pays, Patricio et Evangeline se sont efforcés de vivre selon le niveau de vie local, en famille, en apprenant les rudiments de la langue officielle et en adoptant les coutumes. Ils n’ont pas hésité à sonner chez l’habitant ni à aborder des jeunes à l’université ou dans les champs pour partager une journée ou une heure de leur vie quotidienne. Avec l’un, ils ont goûté un plov et un thé, avec un autre borchtch et vodka, avec un troisième hamburger et Coca-Cola. À chaque fois, ils les ont interrogés sur leurs souvenirs de l’URSS, sur leurs rêves et leurs envies.
Existe-t-il, hormis l’Union soviétique dans laquelle ils sont nés, un point commun entre tous ces jeunes adultes ? Comment grandit-on dans un État jeune de seulement quinze années ? Arsen le comédien arménien présente une émission de musique populaire et interprète la nuit des chansons de sa plume dans un bar enfumé alors que Bolot, l’acteur kirghize, incarne aux côtés de Natacha Régnier un jeune tiraillé entre les traditions familiales et ses sentiments pour une étrangère. D’un côté, en Ouzbékistan, Sharnoza supporte un mari machiste qui lui a été imposé ; de l’autre, en Estonie, Liis ne veut pas se marier mais devenir une vraie businesswoman. Nicolaï le Russe, Vusal l’Azéri et Charchanbek le Kirghiz ont tous les trois réalisé leurs rêves : le premier est devenu premier danseur étoile au Bolchoï ; le second a créé une association contre la corruption universitaire ; le troisième a tout abandonné pour élever 300 yacks dans les steppes arides. Tous ces jeunes, qu’ils soient Géorgiens, Ouzbeks ou Biélorusses, se cherchent, entre les souvenirs des goulags de leurs grands-parents et les regrets de l’Union soviétique de leurs parents, entre les tubes rock russes et les rythmes traditionnels, entre la démocratie et la dictature, entre les vestiges soviétiques et le capitalisme barbare.
Plus d’information :
www.15ans15pays.com