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Les p’tits mousses à la conquête du Cap Horn

A la conquête du cap Horn
2 août 2005 au 14 juillet 2007

A PARAITRE FIN FÉVRIER 2009

Les enfants du large d’Olivier et Cécile de la Rochefoucauld, Éditions du Cherche Midi.

Adolescents, Olivier et Cécile s’étaient juré qu’ils partiraient ensemble, en voilier, au bout du monde. Puis ils se sont mariés et ont eu des enfants. Et, un jour, ils ont décidé de réaliser leur rêve.

Traverser l’Atlantique, affronter les quarantièmes rugissants et les cinquantièmes hurlants, puis franchir le cap Horn pour aller s’enfoncer dans le labyrinthe de glace des canaux chiliens, là où d’autres – et non des moindres – se sont perdus. C’est pourtant l’objectif un peu fou que se fixe ce jeune couple – ils ont respectivement – 30 et 28 ans, avec ses cinq enfants dont l’aîné a 8 ans ; le sixième, Mériadec, naîtra… pendant le voyage.

De l’achat du bateau au grand départ de Bénodet, de la cocasse traversée du golfe de Gascogne au combat contre les tempêtes venues de l’Antarctique, cette famille pas comme les autres nous fait partager en direct son incroyable périple, sur les traces de Christophe Colomb et de Magellan.

Retour sur l’expédition réalisée
du 2 août 2005 au 14 juillet 2007

Le 2 août 2005,
Olivier et Cécile de la Rochefoucauld larguaient les amarres de Bénodet pour un long périple autour de l’Amérique du Sud. Initialement prévu pour 18 mois, le projet a très vite été rallongé à 2 ans, étant donné la distance à parcourir (plus de 40 000 km). Il est en effet relativement peu courant de croiser un bateau dont l’âge des mousses va de 8 à 2 ans, cinq petites têtes blondes bien décidées à parcourir le monde avec leurs parents !

Deux années de préparation ont été nécessaires pour mener à bien ce voyage qui était avant tout l’accomplissement d’un rêve : « Nous voulons partir pour nous dépasser, vivre librement, faire une pause dans une vie quotidienne trop stressante. Mais, plus fort que tout, il y a enfoui au fond de nous ce désir impétueux de tenter l’expérience de la vie en mer pour un long face à face avec nous-même, côte à côte, vingt-quatre heures sur vingt-quatre, dans un espace restreint, avec la découverte de la vraie solitude, pour nous retrouver en famille, observer de très près nos enfants grandir, chercher d’autres valeurs à notre vie, découvrir ensemble ce que nous sommes vraiment, loin de tout, sans la protection (ou l’étouffement) de la société et nous retrouver seuls à penser, vivre, agir... »

Une fois la décision prise, le compte à rebours a commencé : d’abord l’achat et la préparation du voilier qui allait leur servir à la fois de mode de locomotion et d’habitat pendant deux ans ; ensuite, son équipement en vue des régions difficiles auxquelles il était destiné, sans oublier la gestion de l’organisation annexe, la scolarisation des enfants, la logistique, la préparation médicale...

Bref, les voilà donc partis, avec pour commencer la route classique de tous ceux qui traversent l’Atlantique : golfe de Gascogne, Espagne, Portugal, Canaries, Madère, Cap Vert. La transat a marqué pour tous le premier tournant dans cette aventure, car le cap était cette fois différent de celui que prennent la plupart des bateaux qui traversent : le Brésil en ligne de mire, puis l’Argentine (avec au passage un détour à l’intérieur du pays, vacances terriennes pour tout l’équipage et découverte époustouflante de la région de Missionnes, les chutes d’Iguaçu...).

A partir de là, le froid est très vite arrivé, et, avec le passage des « 40e rugissants », la partie « sportive » a commencé. « Nous avons eu une navigation très difficile, enchaînant les coups de vent venus du nord puis du sud. Les vents très violents nous ont obligés à nous mettre “à la cape” pendant 12 heures et le reste du temps sous voile très réduite. Les vagues étaient impressionnantes et parfois même angoissantes lorsqu’elles déferlaient sur le pont. La relâche dans la caleta horno fut plus que la bienvenue. Les enfants ont pu se défouler au milieu des pingouins ; baignade même pour les deux aînés avec leur père au milieu des lions de mer. »

Après avoir dépassé le cap Horn, une pause de trois semaines à Ushuaia leur a permis de se reposer un peu et de découvrir les beautés de cette région mais aussi de préparer la navigation suivante : 3 mois d’autonomie à remonter les canaux de Patagonie, expérience unique, qui se vit plus qu’elle ne se raconte. « Quelques adjectifs qui me viennent à l’esprit quand je ferme les yeux et repense ne serait-ce qu’aux paysages : magiques, grandioses, austères, sauvages, authentiques. Pour nous, c’était une leçon de vie loin de tout, en autarcie familiale, mais aussi une lutte perpétuelle contre les vents et courants, le tout formant un périple aussi dur que merveilleux. »

La Patagonie chilienne est une région d’extrêmes : grand froid, grand vent, grande solitude, grand isolement, immenses steppes vides battues par des vents d’une violence incroyable, côtes découpées par de nombreux fjords, glaciers, sommets enneigés, un essaim d’îles et d’îlots escarpés formant un dédale dans lequel il n’est pas toujours facile de se repérer. Bref, c’est la queue de la cordillère, morcelée en massifs isolés et disloqués en d’innombrables archipels dont la beauté sauvage est à couper le souffle !

La remontée le long de ces eaux inhospitalières fut aussi l’occasion de rencontres inoubliables avec des pêcheurs chiliens, compagnons d’infortune au cœur des dépressions, car les fréquentes tempêtes obligent chacun à se mettre à l’abri le temps que les éléments se calment, rencontres surréalistes entre deux rochers au bout du monde au cours desquelles se tissent de vrais liens. Après leur sortie des canaux, les mers sont restées très fortes jusqu’au nord du Chili où la famille s’est une fois encore échappée de son univers liquide pour vagabonder, au Pérou et en Bolivie. Même si le rythme était soutenu, ce furent des semaines inoubliables de découverte de l’Amérique andine, le sac au dos et l’âme joyeuse. Une fois de plus, la présence des enfants se révéla être le plus efficace des passeports auprès des populations locales pourtant souvent assez réticentes vis-à-vis des étrangers !

Mais le temps passe, et il y a un planning à respecter. La remontée vers le nord continue donc : le passage du canal de Panama reste un des moments forts du périple, tant par la symbolique qu’il représente que par le côté « technique ».

Le retour en Atlantique marque le retour à la vie « facile », les îles paradisiaques qui bordent les côtes vénézuéliennes et colombiennes sont autant d’escales de rêve où la famille retrouve la joie des baignades et de la plongée, malgré la présence pas toujours rassurante de petits bateaux de pêche qui suivent le voilier d’un peu trop près. C’est l’occasion aussi de retrouver des voiliers de passage avec des familles francophones, à la grande joie des enfants, phénomène qui se renouvelle évidemment de plus en plus fréquemment au fur et à mesure que les Antilles se rapprochent : « Après le choc de nous retrouver dans notre pays, nous nous sommes rapidement plongés dans la vie locale. Les rencontres avec les métropolitains sur les pontons des marinas ont un peu douché nos illusions : la réintégration sociale ne se fera pas du jour au lendemain semble-t-il ! Nous nous rendons soudain compte que nous sommes devenus assez différents de nos contemporains. »

L’équipage d’Atao reste cependant 4 mois à flâner aux Antilles, le temps pour Cécile de se poser un peu avant la naissance du sixième petit moussaillon qui pointe le bout du nez en Guadeloupe, à la grande joie de son aîné qui a enfin un frère après 4 sœurs.

Point culminant de ce voyage, la naissance du petit dernier en marque aussi la fin. Presque 2 ans déjà depuis le départ. Il faut songer à prendre le chemin du retour : remontée de l’arc antillais puis transat de retour et dernière escale aux Açores : « difficile d’imaginer que dans un mois, nous serons rentrés, replongés dans toutes les contraintes et les futilités qui encombraient notre "ancienne vie". »

Encore 8 jours de mer pour atteindre les côtes françaises, et voilà Atao qui apparaît à l’horizon devant Bénodet, sous spi s’il vous plaît, fidèle au rendez-vous fixé deux ans plus tôt. Parents et amis sont venus accueillir l’équipage de retour de sa circum-navigation, heureux d’être rentré mais encore des étoiles plein les yeux...

Le retour sur le plancher des vaches semble s’organiser pour la famille : Olivier a repris son activité professionnelle, les enfants le chemin de l’école, et Cécile à la maison gère son petit monde. La prochaine aventure pour le couple est la rédaction d’un récit de ce voyage fabuleux : parution prévue pour mi-mars !

Article paru dans le magazine AVENTURE N° 113, spécial Festival de Dijon.

LES PETITS MOUSSES du voilier Atao : Tugdual, Nolwenn, Loïcia, Soéziq, Corentine, Mériadec et leur parent Cécile et Olivier de la Rochefoucauld ont reçu au Festival International du Film d’Aventure de Dijon 2007 LA TOISON D’OR DE L’AVENTURIER DE L’ANNÉE pour leur tour du monde en famille pendant 2 ans à bord du voilier Atao.

FILM
Les enfants du large de Véronique Véber, 38 minutes, coproduit par Bleu Iroise et France 3 Thalassa.

Pour plus d’information :
www.petitsmousses.fr