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Emilie Barrucand

Emilie Barrucand séjourne fréquemment au Brésil, chez les Indiens Mebêngôkre (Kayapo), Pareci, Irantxe, Bororo, Juruna, elle est l’amie de nombreux grands leaders politiques autochtones. Ils lui ont confié leurs problèmes, leurs besoins, leurs espoirs et lui ont demandé de les soutenir. De là est née l’idée d’organiser des rencontres interethniques qui se dérouleront dans les villages indigènes de l’Etat du Mato Grosso, afin que ces derniers puissent s’entraider et lutter ensemble contre les menaces qui pèsent sur eux. Le projet s’intitule : «Solidarité Interethnique». Emilie Barrucand a parallèlement créé l’association Wayanga.

Au cœur de la forêt tropicale, elle va alors rejoindre les Indiens Mebêngôkre Metyktire, l’un des peuples indigènes les plus guerriers d’Amazonie, pour mettre en œuvre le projet. Quelques années auparavant, elle rencontrait l’un d’eux. Un grand chef. Il l’invitait dans son village. Elle devenait la fille adoptive de Raoni.

Elle a dû s’adapter aux coutumes et au rythme de vie de la communauté, prouver qu’elle n’avait pas de mauvaises intentions et apprendre la langue avant que ses membres ne l’acceptent et qu’une complicité naisse entre eux. Depuis, elle s’est engagée au côté des peuples indigènes dans leur lutte pour le respect de leurs terres, de leurs droits et de leur culture.

Du fait de son engagement politique, bien qu’elle soit une femme, les hommes acceptent sa participation aux grandes discussions qui se déroulent au centre du campement, sur la «place des Hommes». C’est en ce lieu qu’ils mettent en place le projet de rencontres interethniques et choisissent la personne qui en sera responsable au sein de la communauté.

Ethnologue engagée, Emilie Barrucand, 25 ans, est présidente de l’association Wayanga qui s’investit dans la défense des droits, des cultures et des terres des peuples autochtones d’Amazonie brésilienne. Elle travaille depuis plus de cinq ans auprès de différentes associations autochtones locales.

A l’initiative d’Emilie Barrucand, une délégation de chefs d’Amazonie parmi les plus respectés du Brésil (dont Raoni) a retrouvé d’autres leaders des peuples indigènes du monde entier lors d’une réunion organisée par l’ONU, à Genève, début décembre, sur la déclaration internationale des droits des peuples autochtones. Ils étaient ensuite à Paris, à l’occasion de la clôture de l’année du Brésil, du 30 novembre au 7 décembre dernier pour témoigner de leurs difficultés et faire comprendre que protéger l’Amazonie est un défi mondial. Poumon vert de la planète, la forêt amazonienne est nécessaire à la protection de nos écosystèmes.

A LIRE :

Wayanga, Amazonie en sursis, d’Emilie Barrucand, Editions Cherche-Midi, Octobre 2005.

Pour soutenir l’association :
http://www.wayanga.org